Pourriez-vous nous expliquer votre parcours ?

Je suis né à Echirolles dans l’Isère et j’ai grandi dans le massif de l’Oisans. J’ai toujours été un grand sportif. Adepte de ski extrême, ma vie a basculé le 2 avril 2011. Je suis devenu tétraplégique à 19 ans à cause d’une chute de ski : j’ai perdu l’usage des jambes et du tronc, tout en gardant un peu de mobilité dans les bras et les mains.

J’ai alors découvert le monde du handisport, notamment le handiski et le handbike. À partir de 2015, j’ai commencé la compétition jusqu’à la consécration : la qualification pour les Jeux Olympiques de Tokyo de 2020.

Outre les 3 médailles olympiques à Tokyo (1 d’or, 1 d’argent, 1 de bronze), je suis double champion du monde et j’ai été le 1er tétraplégique européen à terminer un Ironman en 14 heures et 55 minutes.

Quel rôle joue la technologie dans votre sport et comment vous aide-t-elle à améliorer vos performances ?

Dans un sport mécanique comme le mien, la technologie a bien sûr un impact majeur, sur les questions d’aérodynamisme, de rigidité et de légèreté des matériaux, sur les pneumatiques, etc. Le règlement de l’UCI (Union Cycliste Internationale) fixe des critères techniques à respecter, mais dans ce cadre la technologie peut permettre de rouler plus vite avec la même énergie.

Les experts du Cetim m’accompagnent sur l’amélioration de mon handbike. Nous travaillons ensemble sur la performance, l’ergonomie et parfois le confort. Par exemple, mon accident m’a laissé des séquelles au niveau des mains. Le système d’orthèse, qui a été conçu pour moi, permet de pallier le manque de préhension pour transmettre complètement l’énergie de mes bras.

Le partenariat avec le monde de la mécanique est donc naturel, d’autant que j’ai suivi une formation technique de métrologue en alternance au CEA.

Existe-t-il des valeurs communes entre un athlète et une fonction technique dans l’industrie ?

Une bonne préparation sportive nécessite d’être très pointilleux et attentif au moindre détail, pour sans cesse gravir la marche supérieure. À cela s’ajoute le travail d’équipe : dans le sport, comme dans la technique, tout seul, on n’arrive à rien.

Quel message aimeriez-vous transmettre aux personnes qui pourraient être inspirées par votre parcours ?

Simplement y aller quand on a la volonté et l’envie, pour ne rien regretter plus tard. Quand on n’y va pas, on est sûr de ne pas réussir. Quand on tente, cela peut réussir.

Quelle est votre expérience la plus mémorable en tant qu’athlète paralympique ?

Bien sûr ma participation aux jeux de Tokyo et notamment la médaille d’or à la course en ligne. Cela procure une joie et une émotion immenses, surtout au regard du travail accompli pour y arriver. Une préparation olympique, c’est beaucoup de sacrifices et de nombreuses heures sur les routes à l’entraînement. Environ 15 000 km de handbike par an.

Contact :
Christophe Garnier
Cetim
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