Machines mobiles

Le règlement renforce sensiblement les exigences relatives à la protection des opérateurs. Concernant les sièges, l'obligation de systèmes de retenue évolue : lorsqu'un risque significatif de renversement existe, la machine devra désormais empêcher tout déplacement si le conducteur n'utilise pas son dispositif de retenue. Un avertissement visuel et sonore devra également signaler l'absence d'utilisation de cette protection.

Les fabricants devront également démontrer que leurs machines sont conçues pour prévenir les contacts ou les arcs électriques avec les lignes électriques aériennes sous tension. Cette prise en compte explicite d'un risque bien connu du secteur traduit la volonté du législateur d'apporter des réponses plus précises aux situations rencontrées sur le terrain. Les intervenants ont également souligné l'arrivée de nouvelles dispositions concernant les machines mobiles autonomes, avec l'introduction des notions de superviseur et de fonction de supervision.

Cybersécurité

Longtemps considérée comme un sujet informatique, elle devient désormais une composante à part entière de la sécurité des machines. Les experts ont détaillé les conséquences du Cyber Resilience Act et de la norme EN 50742, destinée à répondre aux nouvelles exigences de « protection contre la corruption » des fonctions de sécurité. L'objectif est clair : empêcher qu'une cyberattaque puisse altérer un système assurant une fonction de sécurité critique. Gestion des identités et des accès, authentification, cryptographie, intégrité logicielle, segmentation des réseaux ou encore journalisation des événements deviennent progressivement des éléments incontournables pour être conforme. Les entreprises sont ainsi invitées à compléter leur analyse de risques traditionnelle par une analyse de risques « security », c'est-à-dire liée à des actes de malveillance.

Intelligence artificielle

Si l'IA ouvre des perspectives prometteuses pour des fonctions standards de machines pour plus d'efficacité, les experts ont rappelé que son caractère peu explicable constitue un défi majeur pour la sécurité. Le règlement Machines encadre déjà les systèmes au comportement auto-évolutif en imposant des limites claires à leur champ d'action, la prise en compte des dérives possibles sur l'ensemble du cycle de vie et la conservation des données ayant conduit aux décisions de sécurité. Un message a particulièrement marqué les échanges : l'état actuel des connaissances ne permet pas encore de valider de manière satisfaisante des fonctions de sécurité reposant directement sur une IA auto-évolutive. La réglementation anticipe cette évolution, mais la prudence reste aujourd'hui de mise.

En conclusion, ce webinaire a confirmé que la transition vers le règlement Machines ne se limite pas à une mise à jour documentaire. Elle impose aux fabricants d'intégrer de nouvelles compétences, qu'elles soient liées à la mobilité autonome, à la cybersécurité ou à l'intelligence artificielle. Un changement des pratiques que l'UNM entend accompagner à travers les travaux de normalisation qu'elle anime.

Organisations qui sont intervenues : AXEMA, MECALAC, l'INERIS, l'INRS, la FIM, les Ministères de l'Agriculture et du Travail, REHLKO

Pour revoir cet événement organisé par l'UNM, consultez le replay : https://unm.fr/webinaire/le-reglement-machines-et-les-normes-cap-sur-le-20-janvier-2027-ou-en-sommes-nous/

Une question sur l'évolution de votre norme par rapport au règlement machine ? Prenez rendez-vous avec l'équipe UNM.

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Amandine Brisard
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